L’écriture, c’est aussi beaucoup de relectures !

Pendant que @carofromwoodland mettait les bouchées doubles pour finir les illustrations de notre projet d’automne, le roman jeunesse illustré « Verveine et l’équinoxe d’automne », je continuais vaillamment mes relectures du manuscrit…

Je relis toujours beaucoup mes textes. Que dis-je beaucoup… énormément ! À la folie !

Quand un lecteur jette les yeux sur une des phrases d’un de mes livres, je pense qu’elle a dû être relue une centaine de fois. Par moi surtout, mais aussi par mes fidèles bêta-lecteurs, dont certains sont par ici sur Instagram @clementine.v @cureuilvairon @jean_de_le_bidet, merci mille fois 😙

Quel que soit le nombre de relectures qu’on choisisse de faire, rien ne vaut un oeil externe. Et pour cela il faut des lecteurs courageux et impitoyables ! (eh oui, il faut du courage pour être impitoyable… 😌)

Pour ceux que ça intéresse, voilà ma technique de relecture, désormais bien rodée. Les autres peuvent aller jouer dehors 😑

Premières relectures : celles juste après les premiers jets, qui sont en général moches, voire très moches. Je me concentre toujours d’abord sur l’histoire, la meilleure manière de la raconter, alors le style fait ce qu’il peut. Et parfois, comme disait ma maman, il peut peu 😁

Ces premières relectures concernent une séance de travail et ont lieu en général non pas tout de suite après l’écriture de celle-ci, mais au début de la séance suivante. Deux avantages à cette méthode : un œil « frais » et un bon échauffement – ça m’aide à me remettre dans le bain. Souvent je ne me contente pas de relire la séance précédente mais je remonte plus ou moins loin.

De temps en temps, principalement quand j’ai dû faire malgré moi une pause supérieure à une semaine dans l’écriture d’un projet en cours, je reprends tout du début. Ces relectures me permettent de corriger mon texte à plein de niveau : l’orthographe, la grammaire, les tournures de phrases, le rythme de celles-ci, les répétitions, les lourdeurs, les tonalités dissonantes, la clarté de l’intention, la cohérence, l’adéquation avec le caractère des personnages, la qualité à évoquer (émotions, paysages), etc.

Quand j’ai commencé à écrire, j’ai beaucoup potassé ça et là des règles de grammaire mais aussi, comme je m’auto-éditais, des règles de mise en page : le positionnement des virgules, l’emploi des majuscules, de l’italique, des paragraphes, des sauts de ligne, des tirets, des guillemets, des espaces dont les insécables, les marges, les sauts de pages…

Pour le reste, je me corrige principalement « à l’oreille » : quand quelque chose ne va pas, je m’en rend compte parfois avant de savoir exactement ce qui ne va pas (la conséquence favorable, sans doute, d’avoir lu tant de livres depuis tant d’années, dont beaucoup écrits en français soutenu). Partant de là je fouille, je cherche, je change, je retourne, j’essaie pour voir… Il m’arrive régulièrement de buter sans cesse sur une même phrase, des dizaines de fois, sans savoir comment la modifier, en me demandant si elle ne pourrait pas être laissée telle quelle… pour finir toujours par la reprendre. Parfois grâce à une illumination, en général après avoir laissé poser le texte longtemps, soit en me résolvant à la reprendre complètement, avec de profondes modifications.

Un des impératifs pour arriver à être satisfaite d’un texte – et la raison pour laquelle j’en suis toujours à relire Verveine alors que nous sommes à deux doigts de boucler le projet – est de laisser poser le texte, quelques semaines au moins, de manière à l’oublier un peu. Au bout d’un moment, relire et relire les mêmes pages ne sert plus à rien, il faut que mon œil se rafraîchisse. En milieu de livre pas de problème, je m’attelle à écrire la suite, mais quand le roman est bouclé, la fin doit mûrir un moment pour que je puisse la redécouvrir d’un œil neuf. C’est indispensable et incontournable.

Pour des raisons économiques (s’auto-éditer, même avec les merveilleux outils souvent gratuits dont on dispose aujourd’hui, l’impression à la demande, l’impression avec pré commandes, est coûteux), j’ai décidé de me dispenser des services de lecteurs-correcteurs. Et c’est là qu’on comprend que c’est un métier qui ne s’improvise pas ! C’est terriblement difficile ! On peut retrouver des fautes ou des coquilles effarantes dans des textes relus à tour de bras !

Voici mes techniques pour pallier au mieux à l’absence de relecture professionnelle :

– Blinder mes connaissances en orthographe et grammaire, avoir recours sans cesse aux sites en lignes spécialisés. En cas de doute demander à des personnes de mon entourage pointues en grammaire.

– Relire beaucoup, souvent, en me concentrant pour ne pas relire trop vite, ce qui est encore plus difficile quand on connaît si bien le texte pour l’avoir écrit !

– S’aider de relecteurs non professionnels mais généreux de leur temps.

– Relire sur différents supports : le traitement de texte sur l’ordi, puis sur mon Kindle. Ça m’aide beaucoup de voir le texte « comme pour de vrai », comme le format numérique d’un livre déjà publié. De plus la mise en page est sur un format assez petit, et la taille de la police de caractère peut être agrandie à volonté, ce qui force à lire plus lentement. Enfin il est possible de surligner et d’annoter le document.

– La relecture sur papier : depuis que je relis mes textes sur mon Kindle, j’utilise cette technique de moins en moins.

– La relecture différée dans le temps (voir plus haut)

– Enfin la méthode la plus utile pour repérer les mots oubliés ou en trop, les répétitions, les lourdeurs, les incongruités diverses : la lecture à haute voix. J’ai découvert récemment un super fonction de Word de lecture à voix, c’est le top ! Beaucoup moins fatigant et qui permet de faire autre chose de machinal à côté, genre tricot (il ne faut surtout pas lire le texte en même temps !) Word propose trois voix différentes, le résultat n’est pas trop robotique. Il y a bien quelques hics de prononciation de mots, mais globalement c’est super pratique.

Voilà ma manière de faire, ce n’est sans doute pas de tous les écrivains, mais elle me convient bien, malgré son appétit phénoménal en termes de temps passé 🙂

 

photo relectures 2 remaniée

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